Les Objectifs de Développement Durable (ODD) définissent 17 priorités pour un développement socialement équitable, respectueux de l’environnement, économiquement prospère, inclusif et prévisible à horizon 2030. Ils ont été adoptés en septembre 2015 par l’ONU dans le cadre de l’Agenda 2030.

On se concentre aujourd’hui sur l’ODD n°15 : Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres.

Qu’est-ce que l’ODD n°15 ? Quelle est la situation mondiale en termes de consommation et production durables ? Quelles actions sont mises en place ? Qu’en est-il de l’atteinte de cet objectif ?
On vous dit tout.

1. Qu’est-ce que l’ODD n°15 ?

L’ODD n°15 est désigné dans l’Agenda 2030 comme visant à préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à les exploiter de façon durable, lutter contre la désertification, arrêter et inverser le processus de dégradation des terres et mettre fin à l’appauvrissement de la biodiversité.

Il souligne l’importance de protéger les espèces menacées via une coopération internationale renforcée pour lutter contre le braconnage et le trafic et mettre en place des mesures de contrôle, voire d’éradication, d’espèces exotiques envahissantes néfastes pour les écosystèmes.

2. Quelle est la situation mondiale sur le sujet ?

La nature est indispensable à notre survie : elle nous fournit de l’oxygène, régule nos conditions météorologiques, pollinise nos cultures, produit de quoi nous nourrir et nous vêtir. Pourtant, elle est soumise à une pression grandissante. Au total, selon une étude des Nations Unies, 75% de la surface terrestre a été dégradée par l’activité humaine.

Les forêts recouvrent plus de 30% de la surface de la planète, assurent la sécurité alimentaire, et sont essentielles pour lutter contre le changement climatique, protéger la biodiversité et les foyers des populations autochtones. En protégeant les forêts, nous pourrons également renforcer la gestion des ressources naturelles et accroître la productivité des terres.

Rappelons quelques chiffres au niveau mondial :

Concernant les forêts :

  • Les forêts abritent plus de 80% des espèces d’animaux, de plantes et d’insectes que compte la planète,
  • 2,6 milliards de personnes dépendent directement de l’agriculture,
  • 52% des terres utilisées pour l’agriculture sont touchées modérément ou fortement par la dégradation des sols,
  • Chaque année, 13 millions d’hectares de forêts sont perdus.

Concernant les espèces vivantes :

  • On estime que 5 à 100 millions d’espèces différentes peuplent notre planète ; dont 15 000 nouvelles espèces chaque année,
  • Les experts indiquent que la moitié des espèces vivantes pourraient disparaître d’ici à un siècle, uniquement à cause de l’activité humaine,
  • Certains scientifiques parlent d’une possible sixième extinction de masse des espèces, après celle des dinosaures il y 65 millions d’années,

Des efforts sont déployés pour protéger les forêts et lutter contre la désertification. Deux accords internationaux sont actuellement mis en œuvre pour promouvoir l’utilisation équitable des ressources. Des investissements financiers en faveur de la biodiversité sont également fournis.

Parmi les principaux objectifs fixés par l’ONU, on retrouve notamment : 

  • Promouvoir la gestion durable de tous les types de forêt, mettre un terme à la déforestation, restaurer les forêts dégradées et accroître considérablement le boisement et le reboisement au niveau mondial,
  • Prendre d’urgence des mesures énergiques pour réduire la dégradation du milieu naturel, mettre un terme à l’appauvrissement de la biodiversité et, d’ici à 2020, protéger les espèces menacées et prévenir leur extinction,
  • Mobiliser des ressources financières de toutes provenances et les augmenter nettement pour préserver la biodiversité et les écosystèmes et les exploiter durablement,
  • Apporter, à l’échelon mondial, un soutien accru à l’action menée pour lutter contre le braconnage et le trafic d’espèces protégées, notamment en donnant aux populations locales d’autres moyens d’assurer durablement leur subsistance.
Promotion de la gestion durable

3. Où en est la France dans l’application de l’ODD n°15 ?

Voici quelques chiffres concernant les écosystèmes terrestres au niveau national :

  • Plus de 160 000 espèces de faune, flore et fonge, terrestres et marines ont été recensés sur le territoire français par le Muséum National d’Histoire Naturelle,
  • La France est concernée par 31 % des espèces figurant dans la liste rouge des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation et la Nature (UICN),
  • L’aide publique au développement de la France affectée à la biodiversité a atteint 363 millions d’euros en 2016.

Ces chiffres confirment la richesse de la biodiversité de notre territoire, mais aussi sa fragilité. Lutter contre la dégradation des écosystèmes apparaît comme un enjeu central de préservation de la biodiversité. L’approche nationale ne recoupe pas exactement les cibles de l’ODD n°15. Cela s’explique par la préexistence d’une politique nationale de conservation de la biodiversité antérieure à l’adoption de l’Agenda 2030.

4. Quelles actions concrètes sont mises en place ?

Actions mises en place par l’Etat

En France, la loi relative à la protection de la nature de 1976 a constitué une étape clé de la prise de conscience par la société française des enjeux de conservation de la nature, et du lancement d’une politique structurée de préservation des habitats et des espèces.

La politique française de la biodiversité a été complétée par la Loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ; elle s’articule autour de six grands principes :

  • La solidarité écologique
  • La non-régression de la biodiversité
  • La réduction et compensation des impacts
  • L’absence de perte nette de biodiversité
  • La réparation du préjudice écologique
  • Le partage des avantages liés à l’utilisation des ressources génétiques

La mise en œuvre de ce cadre national peut compter depuis 2017 sur la toute nouvelle Agence française pour la biodiversité. Elle vient en appui aux acteurs publics et travaille également en partenariat étroit avec les acteurs socio-économiques. Elle a aussi vocation à aller à la rencontre du public pour mobiliser les citoyens en faveur de la biodiversité.

De plus, le ministère de l’écologie a lancé au printemps 2018, une stratégie de mobilisation de la France en faveur de la préservation de la biodiversité.

Enfin, la France est également active au niveau international : 

  • présente dans les travaux des conventions internationales relatives à la protection de la biodiversité,
  • membre de différentes coalitions pour la préservation des espèces,
  • pays d’accueil du prochain Congrès mondial de la nature organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Actions mises en place par les acteurs non-étatiques

De leur côté, les collectivités se sont engagées pour la protection et la gestion du patrimoine naturel à travers la création de réserves naturelles régionales (170 existantes en 2017), ou encore via la mise en place d’une politique sur les espaces naturels sensibles.

D’autres initiatives ont été prises : créer des observatoires de la biodiversité, élaborer des stratégies régionales pour la biodiversité…

De plus, de nombreuses ONG environnementales françaises s’impliquent pour la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles : la Fondation Nature Environnement (FNE), l’association Humanité et Biodiversité, ou encore la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) sont particulièrement engagées sur ces sujets, notamment dans le cadre du Conseil national de la transition écologique.

5. Comment s’impliquer dans ces enjeux ?

Les entreprises sont de plus en plus concernées par les objectifs de Développement Durable. Leur impact environnemental étant conséquent (selon une étude de l’INSEE, 25% des entreprises estiment avoir un impact “fort” ou “très fort” sur l’environnement), il est indispensable qu’elles prennent part à ces enjeux le plus rapidement possible.

Quelles actions sont, ou pourraient être, mises en place au sein des entreprises ?

De plus en plus soucieuses de l’environnement et du bien-être de leurs collaborateurs, de nombreuses entreprises ont décidé d’agir concrètement en faveur du Développement Durable. Certaines entreprises mettent en place des actions écoresponsables au sein de leur organisation, quand d’autres décident de mener une réelle stratégie RSE.

De nombreuses actions sont faciles à mettre en place au sein de votre organisation :

  • Prôner la consommation de fruits et légumes de saison,
  • Mettre en place un compost au bureau,
  • Pousser vos équipes à trier leurs déchets,
  • Remplir le bureau de plantes, voire créer un petit jardin !

Pour vous donner plus d’idées : 100 actions pour développer votre stratégie RSE.

L’expérience récente nous montre à quel point les défis auxquels nous faisons face et la planète sont interdépendants. Notre réponse se doit d’être collective, afin de lutter de manière simultanée, tant à l’échelle locale qu’à l’échelle mondiale, contre la pauvreté, la faim, les inégalités, l’inégal accès à la santé à l’éducation et à l’eau, les dérèglements climatiques tout en protégeant la biodiversité et l’environnement.

Ces injustices n’ont plus lieu d’être au XXIème siècle, comme l’ont reconnu l’ensemble des États eux-mêmes. Pour autant, il importe de s’assurer de leur réalisation dans les faits.

Nous n’avons plus que 8 ans pour réaliser chacun des 17 Objectifs de Développement Durable, il est temps d’agir !

Si vous souhaitez mener une action concrète pour la protection des écosystèmes, OuiLive vous propose de fédérer vos équipes lors d’un Challenge connecté. Dans cet objectif de préservation des écosystèmes terrestres, plusieurs Challenges peuvent être activés :

Clara Lapeyronie, Content Manager chez OuiLive

Par : Clara Lapeyronie

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